Le CDI du lycée Mona Ozouf de Ploërmel accueille jusqu’au 5 juin une sélection de 32 photographies du photographe animalier Alain Gieux.
Ouverte au public extérieur les mardis à partir du 26 mai entre 16h30 et 17h30, cette exposition complète un débat philosophique organisé en Première avec les élèves suivant la spécialité Humanités, Littérature et Philosophie avec Sylvain Grabli, professeur de Philosophie, qui inscrit la relation de l’homme avec les animaux à son programme. Présentée au CDI, l’ensemble des lycéens, étudiants et personnels pourra aussi en bénéficier. Ce qui a motivé Alain Gieux en acceptant cette invitation, c’est de « faire découvrir à notre nouvelle génération que la nature est très belle et peut nous donner beaucoup si on sait l’observer, la respecter et la protéger. Il y a tant de choses merveilleuses qui nous entourent et que certaines personnes remarquent à peine. »
Alors que le débat portera sur la question Quels droits pour les animaux ? nous ne pouvons prédire quelles opinions circuleront sur le sujet. Les échanges s’appuieront sur un livret pédagogique publié par l’association L214 sous l’égide d’Emilie Dardenne, maîtresse de conférences à l’Université de Rennes 2, et le film Animal réalisé par Cyril Dion visionné en amont. La fondation Droit Animal, éthique & sciences, accompagne également cette sensibilisation de nos élèves au respect de l’animal et de son bien-être grâce à sa documentation.
Ancien technicien de maintenance en retraite depuis quatre ans, Alain Gieux s’est tourné vers la photographie animalière quand il s’est équipé d’un nouvel appareil photo numérique Canon R5 doté d’un objectif 200-800 mm. Pour apprendre à régler cet appareil et se perfectionner dans la prise de vue, il s’est inscrit dans un club photo situé à Saint-Léry. Il peut y pratiquer les différents réglages (zooming, light painting, macro), le traitement de la photo (retouches, recadrage, correction des contrastes, de la luminosité) et découvrir plusieurs domaines du portrait au paysage.
Ces deux dernières années, il s’est surtout consacré à la faune locale autour de chez lui à Saint-Thurial et sur le littoral breton, saisissant oiseaux, papillons, libellules, renards, blaireaux, chevreuils…, au gré de ses promenades dans la nature qui le détendent, et avec un souci constant de ne pas les déranger. Il peut parcourir entre 8 et 15 km à chaque sortie et passe beaucoup de temps au repérage tant visuel qu’auditif pour découvrir un terrier, un oiseau perché à plusieurs centaines de mètres… Pour apprendre à reconnaître leur chant, l’application Merlin bird ID l’aide beaucoup.
Alain Gieux ne retient pas encore la technique de l’affût qui consiste à se poster à un endroit présélectionné pour attendre le passage d’un animal précis après étude sur le terrain en se cachant… Par contre, il a recours à l’approche qui tente, quant à elle, de se rapprocher d’un animal le plus près possible sans se faire repérer. Cela nécessite une certaine expérience (connaître les animaux, les mouvements à adopter, les bruits à éviter, la zone de fuite, avancer contre le vent)… Pour se faire, il utilise des jumelles, outil indispensable et une tenue de camouflage. Et enfin il photographie à la billebaude, mot qui signifie « confusion, désordre » et, dans le cas de la photo, il s’agit tout simplement de faire des photos tout en se baladant en pleine nature en laissant plus ou moins de place au hasard selon ce qui croisera notre route.
Il tâche ensuite de saisir le bon moment en fonction du vent, de la lumière. En soirée, il trie ses prises de vue pour ne développer sur toile que celles qu’il retient du fait de la rareté de certaines espèces, la difficulté de les apercevoir et de les approcher, l’attitude du sujet et le moment de bonheur ressenti.
Parmi les clichés exposés figure un engoulevent repéré quelques jours avant dans son territoire environ un mois après son retour de migration. Cet oiseau nocturne ne chante que le soir et niche au sol, ce qui le rend difficile à photographier. Alerté par un bruit d’animal, celui-ci s’est envolé vers un arbre mort où il a été figé dans l’objectif. Alain Gieux a aussi immortalisé un lièvre « qui salue » un matin de bonne heure quand l’animal s’est approché de lui tapis dans un fossé. Durant 3/4 d’heure, il a été observé discrètement dans différentes attitudes de toilettage pour se débarrasser des gouttes de rosée sur son museau et ses pattes. Un renardeau est resté une vingtaine de minutes dans la ligne de mire du photographe sans qu’il puisse savoir où était sa famille. Il regarde vers l’objectif mais n’a pas identifié l’humain camouflé à une dizaine de mètres. Le cygne a été saisi en envol depuis un étang familier au moment de rejoindre une femelle en période nuptiale. Quant à l’écureuil qui mange une pomme de pin, il s’est fait attendre pendant trois mois avec des noisettes déposées comme appâts pour cet instantané retenu parmi une vingtaine de clichés pris sur une vingtaine de minutes.
Bien qu’amateur, Alain Gieux expose déjà dans diverses médiathèques depuis 2025 (Bréal-sous-Montfort, Mauron, Saint-Léry), et a figuré parmi les exposants au Salon d’Art de Guilliers en mai dernier. Cette exposition au CDI du lycée Mona Ozouf lui est toutefois entièrement consacrée pour la première fois.
Vous pouvez le contacter à l’adresse mail suivante : ajms.gieux chez yahoo.fr.



